Twitter – Quels risques et comment s’en prémunir ?

Dans mon dernier billet, je vous ai présenté Twitter. Twitter, formidable outil de veille, de marketing, de découverte, de partage, d’échange… Mais qui présente également des risques, sujet que je n’ai absolument pas abordé la dernière fois et qui, effectivement, existent, sont relativement nombreux et variés et vont du désagréable au dangereux. Quels sont-ils ? Peut-on s’en protéger ? Étudions-ça d’un peu plus près !

Ne plus s’y retrouver

On va commencer tout doucement. Ce n’est pas vraiment un risque, mais plutôt un complément à mon précédent article, du bon usage de Twitter. Enthousiaste, vous avez décidé de suivre tous les comptes qui vous paraissent plus ou moins intéressant. Au bout de quelques semaines, vous suivez plusieurs milliers de comptes, et ça a l’air de marcher, quelques centaines vous suivent même en retour ! Excellent ! … Rapidement, vous vous rendez-compte que le flux d’informations va trop vite pour vous. Pas une seconde sans nouveau message dans la TL, vous cessez de suivre quelques heures vous ratez des milliers de tweets, c’est impossible à suivre.

Comment s’en protéger ?

Là, c’est assez simple. Soyez sélectifs sur les comptes que vous choisissez de suivre. Faites des listes pour les comptes qui sont sur un thème particulier et utilisez des outils comme TweetDeck pour les consulter. Vous préserverez ainsi votre TL qui restera appréhendable. Le “Follow back” est inutile, Twitter n’est pas fait pour ça. Suivez les gens qui vous intéressent, pas des gens qui vont vous suivre en retour.

Les faux comptes

On trouve de nombreux faux comptes sur Twitter, et en général ces faux comptes servent à propager du spam et à vous faire cliquer sur des liens plus ou moins vérolés. Ce spam peut intervenir sous forme d’interpellation directe en vous mentionnant, mais aussi dans les liens qui sont donnés directement dans les tweets du compte pour peu qu’une photo “bien choisie” vous ait incité à aller sur le profil. Résultat potentiel, vous faire perdre du temps, vous amener sur des sites peu recommandables, voire même vous faire télécharger un sympathique virus qui sera libre d’infecter votre ordinateur.

Comment s’en protéger ?

C’est un tout petit peu moins évident, il faut principalement être prudent. Comme lorsque vous ouvrez vos mails, ne cliquez pas sur le premier lien venu. Vous vous demandez quel est ce compte qui vient de vous suivre et qui vous semble suspect ? Regardez quand il a été créé, le nombre de tweets, le format des tweets, etc. Si le compte est récent, est abonné à des milliers de comptes et envoie le même tweet à tout le monde “@destinataire Ce lien a l’air extraordinaire, si vous cliquez…”… c’est louche 🙂 J’exagère un peu le trait mais ces comptes sont souvent faciles à détecter. Vous pouvez alors les signaler pour spam et les bloquer.

Des risques pour les entreprises… Et leurs employés

L’image de marque. Aujourd’hui, d’un point de vue marketing, il est impensable de négliger un outil tel que Twitter. Les entreprises l’utilisent comme moyen de communication et pour créer des relations privilégiées avec leurs clients. Elles mettent donc en œuvre différentes actions (veille, surveillance de l’e-réputation, stratégie de contenus, gestion de la communauté, etc.). Et pendant ce temps là, leurs employés utilisent le réseau de manière privée, exposés aux risques que l’on a vu juste au dessus. Exposant ainsi potentiellement des données de l’entreprise. Certains employés vont même jusqu’à critiquer leur employeur en ligne. Il y a de nombreux exemples de personnes remerciées après avoir exprimé leur colère sur les réseaux sociaux. La plupart ont perdu les procès intentés contre leurs employeurs. Pour essayer de réglementer tout ça, on a vu apparaître des chartes sur la conduite à tenir sur les réseaux sociaux vis-à-vis de son entreprise. Et oui, il fallait limiter les “bad buzz” (oserais-je “mauvais ramdam” pour me conformer à l’expression retenue par l’académie française ?) mais certainement pas se priver de la bonne publicité gratuite potentiellement fournie par les employés.

Comment s’en protéger ?

Vous en voulez à votre employeur et souhaitez le crier à qui veut l’entendre ? Les réseaux sociaux sont un mauvais endroit pour ça. De manière générale, considérez que rien de ce que vous pouvez écrire sur Twitter ou Facebook n’est privé. Même dans la “messagerie privée”. Si vous appliquez ce principe, vous devriez vous préserver de toute situation fâcheuse liée à ce que vous auriez pu dire et qui pourrait se retourner contre vous. Vous êtes patron et souhaitez ne pas rencontrer de problème de ce type ? Jouez la carte de la transparence, impliquez-vous dans les réseaux sociaux et si jamais malgré tout un employé exprime son mécontentement, intéressez-vous à ce qui se passe, ça cache sans doute une situation qu’il serait intéressant de démêler pour le bien de votre entreprise.

Les trolls

Avant d’en parler, la définition selon wikipédia :

Troll :
En argot Internet, un troll caractérise ce qui vise à générer des polémiques. Il peut s’agir d’un message (par exemple sur un forum), d’un débat conflictuel dans son ensemble ou de la personne qui en est à l’origine. Ainsi, « troller », c’est créer artificiellement une controverse qui focalise l’attention aux dépens des échanges et de l’équilibre habituel de la communauté.

Le troll. En utilisant les réseaux sociaux, nous allons tous y être confronté. A ce message dont le seul but est de vous faire réagir en énonçant je ne sais quelle énormité dénuée de bon sens. A cette personne qui s’évertue à prêcher des insanités, provoquant l’offusquement général. A cette autre personne qui trouvera toujours une mauvaise raison pour alimenter un débat sans fin, du type “iOS c’est mieux qu’Android parceque…”.

Il y a de multiples trolls, de multiples raisons de troller, il faut vous y faire. Et je dirais même que tout le monde trolle plus ou moins, de manière plus ou moins volontaire, plus ou moins discrète, plus ou moins intelligente, avec une raison plus ou moins valable, à un moment ou un autre.

Comment s’en protéger ?

Ne nourrissez pas le troll !
Don't feed the troll
En clair, ne lui répondez pas, ne lui parlez pas. Tout ce que vous pourrez ajouter pourra lui servir à envoyer de nouveaux messages désobligeants, blessants, énervants. Il jubile, vous vous énervez, il s’amuse, vous perdez votre temps. Ignorez-le, vous avez tout à gagner.

Harcèlements

L’avènement des réseaux sociaux permet à beaucoup de domaines de connaitre une grande progression. Les gens peuvent maintenant partager les informations à toute vitesse, quelque chose peut vite devenir viral. C’est vrai pour les marques, qui font tout pour faire le buzz, c’est vrai pour les contenus de bonne qualité qu’on peut trouver sur Youtube (Et là je vais de nouveau citer e-penser, qui a réussi à avoir 500000 followers en 2 ans en parlant de physique !), et malheureusement, le harcèlement ne fait pas exception. Là où il était cantonné à certains lieux, moments, ou personnes, il est maintenant possible à une échelle qui peut dépasser tout entendement. Et tout le monde peut, au détour d’un concours de circonstance plus ou moins malheureux, en devenir la cible.

En ligne, il y a plusieurs types de harcèlement qui existent. On regardant un peu les différentes études qui ont été menées sur le sujet, on s’aperçoit de deux choses : Le harcèlement concerne majoritairement les jeunes (moins de 30 ans) et les femmes. Chez les jeunes femmes, on atteint des chiffres complètements fous. Une jeune femme sur quatre a déjà été victime de harcèlement sur les réseaux sociaux. Les jeunes hommes subissent également certaines insultes et harcèlements psychologiques, dans des proportions moindres.

Quelque cas… Parmi des milliers

Ci-dessous, quelques exemples parmi tant d’autres de cas devenus célèbres de harcèlement en ligne. Il sont résumés en en quelques lignes, plus d’infos dans les sources en bas de l’article.

Zelda Williams, fille de Robin Williams, a rendu un magnifique hommage à son père lorsqu’il est décédé. Un hommage composé d’une très jolie citation tirée du Petit Prince, et ces mots “Je t’aime. Tu me manques. Je vais essayer de garder les yeux tournés vers le ciel.” Pour une raison mal déterminée (Cruauté gratuite ? Accusation infondée ? S’amuser aux dépends de la souffrance de quelqu’un ? Une raison improbable ?), quelques heures après, elle recevait des montages photos supposés montrer son père mort. Les comptes incriminés ont été dénoncés, fermés, mais le mal était fait. Zelda Williams a fermé son compte, ne supportant plus, en plus de la mort de son père, ces images et l’agitation sociale qui en a découlé. Elle a su surmonter ça et est revenue par la suite.

Il y a aussi Anita Sarkeesian, qui voulait réaliser une série de vidéos pour dénoncer la façon dont les personnages féminins sont traités dans les jeux vidéos. Ça n’a pas tellement plu aux communautés de joueurs qui ont alors organisé un “jeu” où elle était l’ennemi principal. Pour marquer des points, c’était assez simple, il suffisait de la menacer, de l’insulter, de débiter la plus belle insanité possible et d’en apporter la preuve dans les forums où tout ceci avait été monté.

Quelques exemples de ce qu’elle a reçu :
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Si vous voulez d’autres histoires, je vous invite à rechercher les noms de Jill Filopovic, Tina Meier, Hope Sitwell ou encore Justine Sacco.

Je vous invite également à lire cet article (anglais) écrit par Amanda Hess, qui raconte sa propre mésaventure, d’autres cas et comment les différentes personnes confrontées à tout ça ont pu réagir.

On va terminer sur le harcèlement avec une histoire qui illustre très bien ce qui peut se passer. Voici une conférence Tedx à propos de Justine Sacco, que j’ai évoquée un peu plus haut… Justine Sacco, auteure d’un tweet malheureux qui a pris des proportions incroyables.

Comme le dit si bien Bruce, prenez le temps d’y penser.

Dernière minute

Encore un cas, la semaine dernière, après le premier Tube d’Ophélie Meunier. Voilà ce qu’elle récolte, pour avoir fait son travail. Peut-être l’a-t-elle mal fait ? Peut-être que ça ne correspond pas à ce que le public attendait ? Mais quoi qu’il en soit, elle ne méritait certainement pas de recevoir les messages que vous pouvez lire ci-dessous :

Comment s’en protéger ?

La première chose est de ne pas répondre à la provocation. Ignorer ces messages. La réaction, c’est ce que les individus qui harcèlent recherchent. Il faut également signaler ces messages et les comptes qui les émettent.
Ensuite, Twitter évolue. Le réseau social met à disposition de plus en plus d’outils pour protéger ses membres de tels comportements. Le cas Zelda Williams a provoqué des changements dans le règlement de Twitter et une prise de conscience globale que le harcèlement était particulièrement mal traité sur cette plateforme. Des outils ont été mis en place. Il était déjà possible de bloquer et masquer les comptes indésirables, ce qui constitue le strict minimum en terme de réponse au harcèlement, et Twitter a annoncé en juin 2015 la mise en place de nouveaux moyen pour lutter contre ces phénomènes. Il est désormais possible de partager les listes de blocage afin de circonscrire plus rapidement les comptes fauteurs de troubles.
Ensuite, il existe des moyens légaux pour lutter. Les trolls et harceleurs l’ignorent pour la plupart, mais leurs actions sont répréhensibles et punies par la loi. Par exemple, l’auteur d’un harcèlement en ligne est passible de 2 ans de prison et de 30 000 € d’amende. Le lien qui contient tous les détails à ce sujet est en fin d’article. L’anonymat derrière lequel se cache la plupart des harceleurs tombera vite une fois les preuves fournies aux autorités.

Tâchons de conclure

Cet article dépeint un portrait assez négatif de Twitter et des réseaux sociaux. On a effectivement un peu soulevé le tapis. Mais mon but n’est pas de dénigrer ces réseaux qui sont avant tout quelque chose qui apporte énormément de positif. Je prône régulièrement l’utilisation de Twitter, et je vais continuer. Dans un prochain article, j’aborderai d’autres sujets, comme l’aide que Twitter peut apporter lors des catastrophes naturelles, le rôle que ce réseau à joué lors de différentes révolutions ou encore des problèmes liés à son utilisation dans des pays où les droits de l’homme ne sont pas toujours respectés à la lettre. Mais comme toutes les choses positives, mal utilisés, ces réseaux sociaux sont susceptibles de faire beaucoup de dégâts. Alors, trolls et autres harceleurs, avant de tweeter, d’envoyer ces messages anodins de 140 caractères, pensez aux dégâts qu’ils pourraient provoquer. Pensez à la personne, être humain, comme votre mère, votre sœur, votre fille, qui va les lire. J’en parlerai également dans un prochain article, mais lisez ce bouquin : “Les quatres accords Toltèques”. Je vous spoile le premier : “Que votre parole soit impeccable”. Ça résout pas mal de problèmes.

Sources

http://www.pewinternet.org/files/2014/10/PI_OnlineHarassment_72815.pdf
https://fr.wikipedia.org/wiki/Troll_(Internet)
http://www.itespresso.fr/harcelement-twitter-blocage-liste-se-proteger-98233.html
https://blog.twitter.com/2015/sharing-block-lists-to-help-make-twitter-safer
http://www.numerama.com/magazine/30262-harcelement-la-fille-de-robin-williams-amene-twitter-a-durcir-ses-regles.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Controverse_du_Gamergate
http://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/02/05/le-patron-de-twitter-reconnait-sa-nullite-dans-la-lutte-contre-le-harcelement_4570032_4408996.html
https://blog.twitter.com/2015/sharing-block-lists-to-help-make-twitter-safer
http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F32239.xhtml
http://talkingpointsmemo.com/cafe/let-s-be-real-online-harassment-isn-t-virtual-for-women
http://www.psmag.com/health-and-behavior/women-arent-welcome-internet-72170
Et enfin une page que publie Twitter au lendemain de la publication de cet article, je me permets donc de la rajouter :
https://about.twitter.com/fr/safety

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